Village

A côté du centre social, se trouve le village composé des familles d’anciens malades. A l‘origine, dans les années 30, la création de cette léproserie a pour but unique le traitement des malades. Les initiateurs du projet n’ont pas prévu le déracinement définitif qu’entraînerait immanquablement la longue « ségrégation curative » dans cette portion du désert. Une fois guéris, les patients sont livrés à eux-mêmes. Souvent rejetés par leur famille, sans argent ni espoir de réintégrer leur ancienne vie, ils n’ont d’autres choix que de rester à Abû Za’Bal et de fonder une communauté. Ne disposant d’aucune infrastructure, le village naissant tient au départ plus d’un bidonville que d’un village. Néanmoins, petit à petit, les habitants s’organisent et avec l’aide de la solidarité internationale, l’électricité et l’eau courante sont installées au début des années 70. Les tôles et les matériaux de récupération sont bientôt remplacés par des structures en briques et les terres alentours, propriété du ministère de la Santé, sont progressivement cultivées. Aujourd’hui, Abd El Moneim Riad ressemble à un village ordinaire avec des rues, des magasins et une vie sociale où plusieurs générations cohabitent. Cette amélioration sur le plan sanitaire et social était indispensable même si elle retient les malades et leur famille à Abû Za’Bal. Les habitants du village sont toujours dans l’incapacité économique et psychologique de s’installer ailleurs.


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